{"id":1007,"date":"2020-08-05T11:53:03","date_gmt":"2020-08-05T09:53:03","guid":{"rendered":"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/?page_id=1007"},"modified":"2021-07-25T15:25:37","modified_gmt":"2021-07-25T13:25:37","slug":"lune_de_amour","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/philosophical_marmot\/fr\/partie_02\/lune_de_amour\/","title":{"rendered":"Journal d&#8217;un philosophe &#8211; Deuxi\u00e8me \u00e9t\u00e9 &#8211; Lune d&#8217;amour"},"content":{"rendered":"\n<h1>\n\t\tLa marmotte au collierJournal d&#8217;un philosophe\n\t<\/h1>\n<h3>\n\t\tPartie II &#8211; Lune d&#8217;amourDeuxi\u00e8me \u00e9t\u00e9\n\t<\/h3>\n\t\t\t\t<a href=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/philosophical_marmot\/\" target=\"_self\" itemprop=\"url\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/the_marmot_with_the_collar-1024x447.jpg\" alt=\"the_marmot_with_the_collar\" itemprop=\"image\" height=\"447\" width=\"1024\" title=\"the_marmot_with_the_collar\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n\t\t\t\t<\/a>\n<h4>\n\t\tM.02.02.01.06 \/ M.063 &#8211; M.02.02.04.07 \/ M.085\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tLANGUE\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tFran\u00e7ais\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\t<a href=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/philosophical_marmot\/de\/teil_02\/liebesmond\/\" title=\"Deutsch\" target=\"_self\" rel=\"noopener\">\n\t\tDeutsch\n\t\t<\/a>\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\t<a href=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/philosophical_marmot\/en\/part_02\/moon_of_love\/\" title=\"English\" target=\"_self\" rel=\"noopener\">\n\t\tEnglish\n\t\t<\/a>\n\t<\/h4>\n<h3>\n\t\tNouvelle lune\n\t<\/h3>\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/new_moon-300x300.jpg\" alt=\"new_moon\" itemprop=\"image\" height=\"300\" width=\"300\" title=\"new_moon\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n<h4>\n\t\tSixi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.01.06 \/ M.063\n\t<\/h4>\n\t<p>Un ruisseau gonfl\u00e9 par la fonte des neiges m&#8217;a retenu prisonnier l\u00e0-bas, au pat\u00fbrage; je m&#8217;y suis creus\u00e9 un trou de deux longueurs de marmotte et j&#8217;y ai pass\u00e9 cinq nuits.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La montagne a bien chang\u00e9 pendant ces quelques jours. Elle s&#8217;est vid\u00e9e de neige du c\u00f4t\u00e9 qui regarde le soleil. Le sol est nu sur de vastes espaces; tout a coul\u00e9, tout s&#8217;est pr\u00e9cipit\u00e9 du haut des rochers jusqu&#8217;au fond de la vall\u00e9e. Aujourd&#8217;hui quelques avalanches se sont \u00e9branl\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;ombre. Gare demain, si ce vent continue!<\/p>\n<h4>\n\t\tSepti\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.01.07 \/ M.064\n\t<\/h4>\n\t<p>Me voici de nouveau prisonnier, mais chez moi. L&#8217;avalanche ne cesse de battre \u00e0 droite et \u00e0 gauche de mon terrier. Je ne risque rien, parce qu&#8217;elle suit le chemin des ravines; et cependant, je me fais tout petit \u00e0 l&#8217;entr\u00e9e de mon trou. J&#8217;avance une longueur de moustache, juste ce qu&#8217;il faut pour voir, et quand elle arrive, je me recoquille dans ma galerie. Elle se jette, furieuse, d&#8217;une paroi \u00e0 l&#8217;autre des couloirs; elle rase les corniches, enl\u00e8ve les blocs et d\u00e9racine les rochers en place. Le sol en tremble jusqu&#8217;au fond de mon terrier. C&#8217;est quand elle bondit dans le pr\u00e9cipice, au-dessous de moi, qu&#8217;elle est belle \u00e0 voir. Il me semble toujours que je tombe et plonge avec elle dans le vide. C&#8217;est une sensation \u00e9trange, qui vous chatouille au c\u0153ur.<\/p>\n<h3>\n\t\tPremier quartier\n\t<\/h3>\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/first_quarter-300x300.jpg\" alt=\"first_quarter\" itemprop=\"image\" height=\"300\" width=\"300\" title=\"first_quarter\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n<h4>\n\t\tPremier jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.01 \/ M.065\n\t<\/h4>\n\t<p>Ce tonnerre ne cesse pas. Faut-il qu&#8217;il y ait des provisions l\u00e0-haut? Plus il en tombe, plus il y en a.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Au reste, ma captivit\u00e9 n&#8217;est pas tr\u00e8s dure. Quelques bourgeons blancs commencent \u00e0 se montrer devant mon terrier, juste de quoi me passer la plus grande faim.<\/p>\n<h4>\n\t\tDeuxi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.02 \/ M.066\n\t<\/h4>\n\t<p>J&#8217;ai profit\u00e9 de ma captivit\u00e9 pour relire mon journal. Il faut que je l&#8217;avoue, j&#8217;ai manqu\u00e9 de modestie. Je me suis cru trop s\u00fbr du succ\u00e8s. Il ne suffit pas de dire: Je ne veux pas dormir! Il faut veiller.<\/p>\n<h4>\n\t\tTroisi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.03 \/ M.067\n\t<\/h4>\n\t<p>J&#8217;ai vu passer mes deux chamois de l&#8217;automne dernier. Un petit, \u00e2g\u00e9 d&#8217;au moins huit jours, trottait apr\u00e8s eux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Race \u00e9trange! Ils n&#8217;ont point de lune d&#8217;amour. S&#8217;ils se recherchent, comme le veut la nature, ce doit \u00eatre pendant la longue nuit. A peine est-elle pass\u00e9e, voil\u00e0 qu&#8217;ils ont famille. Il arrive m\u00eame parfois qu&#8217;ils ont d\u00e9j\u00e0 famille quand nous sortons de nos terriers.<\/p>\n<h4>\n\t\tQuatri\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.04 \/ M.068\n\t<\/h4>\n\t<p>Le plus gros est tomb\u00e9. Je pourrais, en choisissant mon moment, franchir les couloirs\u00a0 des avalanches; mais cela n&#8217;est plus n\u00e9cessaire. Les bourgeons sortent de terre partout. Il y a de quoi vivre autour de mon terrier.<\/p>\n<h4>\n\t\tCinqui\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.05 \/ M.069\n\t<\/h4>\n\t<p>J&#8217;ai c\u00e9d\u00e9 aujourd&#8217;hui \u00e0 un d\u00e9sir de gourmet. J&#8217;ai \u00e9t\u00e9 faire un d\u00e9jeuner de soldanelles, le premier de l&#8217;ann\u00e9e. Certaines pentes en \u00e9taient roses. C&#8217;est la plus fine des fleurettes du printemps. Quand on la regarde au soleil, on voit dans la chair m\u00eame de la fleur, entre les veines, une multitude de cristaux, infiniment petits, mais qui scintillent. La table des dieux a-t-elle rien de plus exquis que ces corolles cristallines qui se fondent en ambroisie?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Brouter la soldanelle, \u00e0 l&#8217;aube, quand sa petite cloche inclin\u00e9e vers la terre est encore humide de ros\u00e9e: voil\u00e0 un plaisir que le ciel, juste au moins une fois, a reserv\u00e9 \u00e0 la seule race des marmottes.<\/p>\n<h4>\n\t\tSixi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.06 \/ M.070\n\t<\/h4>\n\t<p>C&#8217;est une chose singuli\u00e8re que la diff\u00e9rence qu&#8217;on remarque, imm\u00e9diatement apr\u00e8s la longue nuit, entre les deux versants de la vall\u00e9e. Il est tr\u00e8s naturel que la m\u00eame quantit\u00e9 de neige fonde plus vite du c\u00f4t\u00e9 du soleil que du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;ombre. Mais pourquoi le lendemain de la longue nuit, avant que le soleil ait pu agir, est-ce toujours du c\u00f4t\u00e9 du soleil qu&#8217;il y a le moins de neige?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Certaines choses qui paraissent toutes simples, parce qu&#8217;on y est habitu\u00e9, n&#8217;en sont pas moins \u00e9tranges. Je demande pourquoi il tombe plus de neige d&#8217;un c\u00f4t\u00e9 que de l&#8217;autre. Si c&#8217;est le vent qui l&#8217;enl\u00e8ve l\u00e0-bas, pourquoi toujours l\u00e0-bas et jamais ici?<\/p>\n<h4>\n\t\tSepti\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.02.07 \/ M.071\n\t<\/h4>\n\t<p>Une id\u00e9e commence \u00e0 se former dans mon esprit. Je crains que ceux qui nous calomnient n&#8217;aient raison et que la longue nuit ne soit pas une longue nuit.<\/p>\n<h3>\n\t\tPleine lune\n\t<\/h3>\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/full_moon-300x300.jpg\" alt=\"full_moon\" itemprop=\"image\" height=\"300\" width=\"300\" title=\"full_moon\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n<h4>\n\t\tPremier jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.01a \/ M.072\n\t<\/h4>\n\t<p>Plus j&#8217;y r\u00e9fl\u00e9chis, plus je me persuade que les jours et les nuits se continuent pendant une partie au moins de la longue nuit. Il est peut-\u00eatre humiliant de penser que le soleil se l\u00e8ve et se couche sur notre sommeil; mais s&#8217;il en est r\u00e9ellement ainsi, il faut que l&#8217;esprit s&#8217;y r\u00e9signe. La sagesse consiste \u00e0 voir les choses telles qu&#8217;elles sont, et non pas \u00e0 les plier au gr\u00e9 de notre fantaisie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si le soleil continue \u00e0 se lever et \u00e0 se coucher pendant la longue nuit, l&#8217;in\u00e9gale r\u00e9partition de la neige quand nous sortons de nos terriers s&#8217;explique facilement. Elle tombe \u00e9galement sur les deux versants; mais elle fond l\u00e0-bas, en partie, tandis qu&#8217;ici, \u00e0 l&#8217;ombre, elle s&#8217;accumule.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le myst\u00e8re de la vie du chamois s&#8217;explique tout aussi bien. Le chamois a sa lune d&#8217;amour, comme nous, comme tous les autres animaux; mais nous dormons pendant ce temps-l\u00e0.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette supposition admise, les irr\u00e9gularit\u00e9s du soleil ne sont plus qu&#8217;une apparence. Le soleil n&#8217;est pas, ne peut pas \u00eatre irr\u00e9gulier. Tout ce qu&#8217;ont dit \u00e0 ce sujet nos pr\u00e9tendus sages n&#8217;est que vanit\u00e9. De m\u00eame que le soleil chemine vers le nord, pendant la s\u00e9rie des jours croissants, jusqu&#8217;\u00e0 un certain point d\u00e9termin\u00e9, qui\u00a0 n&#8217;a jamais vari\u00e9, de m\u00e9moire de marmotte; de m\u00eame, pendant la s\u00e9rie des jours d\u00e9croissants, il doit cheminer en sens inverse jusqu&#8217;\u00e0 un certain point \u00e9galement fixe et invariable. Si pour des raisons que je ne connais pas, mais que j&#8217;esp\u00e8re bien d\u00e9couvrir, notre sommeil commence vers la fin de la s\u00e9rie des jours d\u00e9croissants et se prolonge longuement dans celle des jours croissants, si, en outre, il varie plus ou moins d&#8217;une ann\u00e9e \u00e0 l&#8217;autre, les \u00e9carts du soleil sont expliqu\u00e9s. C&#8217;est lui qui est r\u00e9gulier, et c&#8217;est nous qui ne le sommes pas. Est-ce sa faute si nous nous endormons ou nous r\u00e9veillons plus t\u00f4t ou plus tard? Est-ce sa faute si notre sommeil tombe in\u00e9galement sur les deux s\u00e9ries de jours?<\/p>\n<h4>\n\t\tPremier jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.01b \/ M.073\n\t<\/h4>\n\t<p>Comme on se sent l\u00e9ger quand on a secou\u00e9 un pr\u00e9jug\u00e9! Il me prend de furieuses envies de descendre de ma montagne et d&#8217;aller provoquer \u00e0 la discussion tous les faux sages de l\u00e0-bas. Il faudra bien que la lumi\u00e8re se fasse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il n&#8217;y a pas de longue nuit; et il n&#8217;y a qu&#8217;un long sommeil. Combien dure-t-il? Je ne suis pas encore en mesure de r\u00e9pondre positivement \u00e0 cette question; mais de nombreux indices tendent \u00e0 d\u00e9montrer qu&#8217;il doit \u00eatre de plus d&#8217;une lune, peut-\u00eatre de deux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est, en effet, raisonnable de penser que pour la femelle du chamois le temps de la gestation n&#8217;est pas moins consid\u00e9rable que pour celle de la marmotte. Il devrait l&#8217;\u00eatre plus, dans la r\u00e8gle. Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 une quarantaine de jours, au moins.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>On arrive au m\u00eame r\u00e9sultat si l&#8217;on consid\u00e8re les in\u00e9galit\u00e9s entre la s\u00e9rie des jours d\u00e9croissants et celle des jours croissants. Pour r\u00e9tablir l&#8217;\u00e9quilibre, il faut au moins une lune, sans compter ce qui manque \u00e0 celles qui sont entam\u00e9es quand nous nous endormons et quand nous nous r\u00e9veillons.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voil\u00e0 donc un sommeil de pr\u00e8s de deux lunes, deux lunes pendant lesquelles le soleil se l\u00e8ve et se couche sans que nous ouvrions les yeux.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pourrai-je jamais veiller deux lunes durant?<\/p>\n<h4>\n\t\tDeuxi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.02 \/ M.074\n\t<\/h4>\n\t<p>Un jeune couple s&#8217;\u00e9tablit \u00e0 quelques cents pas de moi, sur ma terrasse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Je les ai vus venir d\u00e9j\u00e0 hier et r\u00f4der aux environs. Aujourd&#8217;hui ils sont revenus et ont \u00e9lu domicile sous un gros bloc. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 gratter la terre. Je me demande si je dois \u00e9migrer.<\/p>\n<h4>\n\t\tTroisi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.03 \/ M.075\n\t<\/h4>\n\t<p>Mes voisins travaillent tant qu&#8217;ils peuvent, \u00e0 tour. Je ne sais \u00e0 quoi me r\u00e9soudre.<\/p>\n<h4>\n\t\tQuatri\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.04 \/ M.076\n\t<\/h4>\n\t<p>Quand je dis un jeune couple, il faut s&#8217;entendre. On sait comme il en va chez les marmottes, pas rien que chez elles. Il y a chaque ann\u00e9e des veufs et des veuves, ordinairement plus de veuves. Nos femmes sont si prudentes! L&#8217;\u00e9galit\u00e9 n&#8217;est pas toujours parfait non plus parmi les jeunes. Il faut donc bien quelquefois qu&#8217;un jeune \u00e9pouse une vieille ou un vieux une jeune. Ma voisine doit \u00eatre personne d&#8217;\u00e2ge m\u00fbr. Une matrone a seule cet air de commandement. Je gage que ses arri\u00e8re-petits-enfants sont nombreux, l\u00e0-bas, dans la tribu. Mon voisin est un jeune gars \u00e9vent\u00e9, qui a toujours l&#8217;air de bayer aux corneilles, gauche, timide, distrait. Ma voisine le corrigera de ses distractions.<\/p>\n<h4>\n\t\tCinqui\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.05 \/ M.077\n\t<\/h4>\n\t<p>Je me suis montr\u00e9 hardiment aujourd&#8217;hui. J&#8217;esp\u00e9rais que le collier ferait effet. Ils n&#8217;ont pas eu l&#8217;air de le remarquer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>C&#8217;est bien comme je pensais, un couple mal assorti.<\/p>\n<h4>\n\t\tSixi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.06 \/ M.078\n\t<\/h4>\n\t<p>Je me suis rendu ce matin aupr\u00e8s des nouveaux mari\u00e9s, afin de r\u00e9gler une fois pour toutes nos rapports ult\u00e9rieurs. Je leur apportais des propositions de paix et de bon voisinage, fond\u00e9es sur ce principe que nous nous ignorerions mutuellement. Qu&#8217;ai-je affaire de ces marmotteaux qui donnent t\u00eate baiss\u00e9e dans les pi\u00e8ges que leur tend l&#8217;astuce f\u00e9minine, et de ces matrones sur le retour qui, au lieu de pleurer leur dernier mari, ne songent qu&#8217;\u00e0 en happer un nouveau? Que savent-ils de la sagesse? Ils en ignorent jusqu&#8217;au nom.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le mari, au lieu de d\u00e9fendre sa ch\u00e8re moiti\u00e9, a pris la fuite d\u00e8s qu&#8217;il a vu que c&#8217;\u00e9tait bien \u00e0 eux que j&#8217;en voulais. Il courrait encore si sa femme ne l&#8217;avait rappel\u00e9. Pour elle, je lui dois cette justice qu&#8217;elle est la premi\u00e8re marmotte qui n&#8217;ait pas trembl\u00e9 devant mon collier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Elle m&#8217;a \u00e9cout\u00e9 sans manifester la moindre \u00e9motion, assise, la t\u00eate pench\u00e9e, les deux pattes de devant pendants. Lorsque j&#8217;ai eu cess\u00e9 de parler, elle a fait une petite moue et m&#8217;a r\u00e9pondu d&#8217;un air indiff\u00e9rent:<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&#8220;Ce sera comme il vous plaira, monsieur.&#8221;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cela dit, elle m&#8217;a tir\u00e9 une profonde r\u00e9v\u00e9rence, et a rejoint son \u00e9poux, qui s&#8217;\u00e9tait timidement rapproch\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Voil\u00e0 qui est fait.<\/p>\n<h4>\n\t\tSepti\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.03.07 \/ M.079\n\t<\/h4>\n\t<p>Elle a beau faire la d\u00e9daigneuse, ma voisine, la curiosit\u00e9 la d\u00e9vore. Elle a tant chemin\u00e9, par tours et d\u00e9tours, qu&#8217;elle est venue brouter \u00e0 quelques pas de mon terrier. Elle aurait bien voulu savoir ce qu&#8217;il faisait, le philosophe. Elle y a perdu sa peine. Le philosophe s&#8217;\u00e9tait retir\u00e9 dans son trou&#8230; Le mari suivait, \u00e0 distance.<\/p>\n<h3>\n\t\tDernier quartier\n\t<\/h3>\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/last_quarter-300x300.jpg\" alt=\"last_quarter\" itemprop=\"image\" height=\"300\" width=\"300\" title=\"last_quarter\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n<h4>\n\t\tPremier jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.04.01 \/ M.080\n\t<\/h4>\n\t<p>Changement \u00e0 vue. Hier encore il soufflait un vent br\u00fblant; aujourd&#8217;hui il neige. C&#8217;est toujours ainsi avec ce vent chaud. Tant qu&#8217;il souffle, c&#8217;est bien; d\u00e8s qu&#8217;il tombe, voici la neige.<\/p>\n<h4>\n\t\tTroisi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.04.03 \/ M.081\n\t<\/h4>\n\t<p>Il neige tous les jours et tout le jour.<\/p>\n<h4>\n\t\tQuatri\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.04.04 \/ M.082\n\t<\/h4>\n\t<p>Je me sens froid; c&#8217;est comme si j&#8217;allais m&#8217;engourdir de nouveau. J&#8217;ai d\u00fb faire une galerie \u00e0 travers la neige pour sortir de mon terrier.<\/p>\n<h4>\n\t\tCinqui\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.04.05 \/ M.083\n\t<\/h4>\n\t<p>Une id\u00e9e m&#8217;a travers\u00e9 l&#8217;esprit et m&#8217;a fait tressaillir. Pour peu que cela continue, peut-\u00eatre retrouverai-je l&#8217;occasion manqu\u00e9e. Ils dormiront, les voisins. Quelle bonne chance qu&#8217;ils soient venus se loger \u00e0 ma porte!<\/p>\n<h4>\n\t\tSixi\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.04.06 \/ M.084\n\t<\/h4>\n\t<p>Je profite de tous les moments d&#8217;\u00e9claircie pour \u00e9pier. Le mari n&#8217;est pas sorti depuis hier matin. S&#8217;il ne dort pas, il doit en \u00eatre bien pr\u00e8s. Je n&#8217;aurai pas si facilement raison de la vieille. Elle guette et regarde toujours de ce c\u00f4t\u00e9. Que me veut-elle? Attend-elle aussi que je m&#8217;endorme?<\/p>\n<h4>\n\t\tSepti\u00e8me jour\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tM.02.02.04.07 \/ M.085\n\t<\/h4>\n\t<p>Le vent du nord a pris le dessus cette nuit. Il a souffl\u00e9 avec tant de violence et il \u00e9tait si froid que j&#8217;ai ferm\u00e9 ma galerie. Quand je suis sorti, il n&#8217;y avait plus de neige au bord du pr\u00e9cipice, devant mon terrier. Le vent avait tout enlev\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Mes voisins n&#8217;ont pas eu cette chance. Ils sont encore sous neige. J&#8217;ai de plus en plus l&#8217;esp\u00e9rance de les voir s&#8217;endormir.<\/p>\n<h3>\n\t\tE. Rambert: La marmotte au collier (1889)\n\t<\/h3>\n<h4>\n\t\tThe Marmot with the Collar<br \/>A Trilingual Edition\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tPart 02.02 (Fran\u00e7ais)\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\tRichard L. Hewitt<br \/>Kamuzu Academy, Malawi\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\t2020 &#8211; 2022\n\t<\/h4>\n\t\t\t\t<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/the_phases_of_the_moon.jpg\" alt=\"the_phases_of_the_moon\" itemprop=\"image\" height=\"228\" width=\"522\" title=\"the_phases_of_the_moon\" onerror=\"this.style.display='none'\"  \/>\n<h4>\n\t\t<a href=\"http:\/\/eugene-rambert.snakeshead.org\" title=\"http:\/\/eugene-rambert.snakeshead.org\" target=\"_self\" rel=\"noopener\">\n\t\thttp:\/\/eugene-rambert.snakeshead.org\n\t\t<\/a>\n\t<\/h4>\n<h4>\n\t\t<a href=\"http:\/\/philosophical-marmot.snakeshead.org\" title=\"http:\/\/philosophical-marmot.snakeshead.org\" target=\"_self\" rel=\"noopener\">\n\t\thttp:\/\/philosophical-marmot.snakeshead.org\n\t\t<\/a>\n\t<\/h4>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/philosophical_marmot\/fr\/partie_02\/lune_des_avalanches\/\" target=\"_self\" role=\"button\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t\t\t\t<\/a>\n\t\t\t<a href=\"http:\/\/snakeshead.org\/wp\/philosophical_marmot\/fr\/partie_02\/lune_fletrie\/\" target=\"_self\" role=\"button\" rel=\"noopener\">\n\t\t\t\t\t\t\t<\/a>\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La marmotte au collierJournal d&#8217;un philosophe Partie II &#8211; Lune d&#8217;amourDeuxi\u00e8me \u00e9t\u00e9 M.02.02.01.06 \/ M.063 &#8211; M.02.02.04.07 \/ M.085 LANGUE Fran\u00e7ais Deutsch English Nouvelle lune Sixi\u00e8me jour M.02.02.01.06 \/ M.063 Un ruisseau gonfl\u00e9 par la fonte des neiges m&#8217;a retenu prisonnier l\u00e0-bas, au pat\u00fbrage; je m&#8217;y suis creus\u00e9 un trou de deux longueurs de marmotte&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":398,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1007","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1007","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1007"}],"version-history":[{"count":46,"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1007\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3139,"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1007\/revisions\/3139"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/398"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/snakeshead.org\/wp\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}